20)2 FREDEJUC-LE-GBAND ET SA FAMILLE.
» me donner, et de dégoûts à éprouver, vu ma«jeunesse, mon inexpérience, et mon igno-rance même de votre langue! Mais, au moins,
» je vous promets de vous en dédommager au-» tant qu’il dépendra de moi, par ma docilité,» ma reconnaissance, mon attachement, et mon«courage. Faites-moi le'plaisir, monsieur , de» me dire ce que vous pensez de mon projet. »Après lui avoir donné l’assurance que je medévouerais tout entier, et avec zèle et franchise,à ce qu’il paraissait désirer de moi, je lui de-mandai s’il avait déjà choisi le sujet du poèmequ’il voulait entreprendre. « "Plusieurs, me ré-» pondit-il, m’ont successivement séduit et oc-«cupé, mais aucun ne m’a encore satisfait de» manière à me décider irrévocablement. Au-» riez-vous à m’en proposer qui vous parussent«dignes de nos efforts communs? «
Je ne sais pourquoi je m’étais persuadé qu’ilvoulait faire des odes ; il ne me vint point enpensée qu’il pût songer à se jeter dans les im-menses détails d’un poème épique ; c’est pour-quoi je lui dis qu’en ce moment, il ne se présen-tait à moi qu’un seul sujet qui n’avait encore ététraité par aucun auteur français , et qui étaitsusceptible de grandes beautés ; mais que ce