3(2 FJiÉDÉRIC-LE-G RAW1) ET SA FAMILLE.
lorsque nous ne devions plus nous revoir thimême voyage. On jugera par tous ces traitscombien il était disposé à m’accorder uneconfiance entière. Aussi puis-je dire que s’ila eu des secrets qu’il ne m’ait pas dits, c’est quece n’étaient pas seulement les siens , ou qu’ila été retenu par la crainte de m’affliger. Onverra bientôt pourquoi je fais cette restric-tion. Mais ne nous blâmera-t-on pas, le prince,de m’avoir donné des marques d’amitié si peuordinaires , et moi, d’en avoir fait mention ?Ne dira-t-on pas que ces marques d’amitién’étaient chez lui qu’un oubli de sa propredignité, et que la mention que j’en fais n’estchez moi qu’un acte de vanité puérile ? Ma
réponse sera courte.Je ne compterai
jamais sur les sentiments de ceux qui mettenttant de soin à en modeler l’expression sur lesformes de l’étiquette. Je ne connais point debelle âme qui, en amitié, ne soit franche,naïve et expansive : quiconque se resserrealors en soi-mème, est froid ou honteux. S’ily a des nations dont les mœurs ne permettentpas les épanchements que j’ai indiqués, c’està elles à rougir de mœurs vicieuses et destruc-tives des vrais principes de la nature et de la