Band 
Tome troisième.
Seite
56
JPEG-Download
 

56 courtisans:

soin je le prendrais lui-même à témoin quej’avais constamment été plus modéré, plus re-tenu et plus juste que tous ceux avec qui jem’étais, trouvé. Cette réponse, faite avec calmeet fermeté, parut l’embarrasser; et jamais depuisil n’est revenu à cette idée plus odieuse encoreque menaçante.

Ce baron, étant encore fort jeune, avaitassisté, en 1700, au sacre de Frédéric I er . Peud’années après, il fut page de ce roi; ensuiteil voyagea. Il vint à Paris ; y resta presquetout le temps de la régence, et fut particulière-ment bien venu de la mère du régent, quel’on appelait la princesse palatine. Cette prin-cesse , qui écrivait chaque jour à tous les sou-verains de l’Europe , et dont on conserve encoreles lettres dans plusieurs cabinets, avait courchez elle tous les soirs. Elle y siégeait devantune sorte de bureau un peu exhaussé, ayant àses côtés deux tables de jeu, placées de ma-nière que presque sans se déranger elle pou-vait voir et suivre des yeux le jeu de deux per-sonnes de chacune de ses tables : c’était là sonoccupation lorsqu’elle. 11’écrivait point ; maisaussitôt que quelqu’un entrait et s’approchaitd’elle pour la saluer, elle quittait tout pour