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Tome troisième.
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COURTISANS :

peu d’heures. «Je me promenais, dit-il, dans«mes jardins, lorsque j’ai aperçu dans une» autre allée deux jeunes filles assez jolies, et» mises avec une sorte de propreté recherchée«pour de petites bourgeoises. J’ai vu d’abord«que c’étaient deux filles de mauvaise vie,» d’autant plus que les gens de leur condition,» quand ils sont honnêtes, travaillent les jours«delà semaine (c’étaitun samedi),et renvoient«leurs récréations au dimanche. Je les ai fait» venir près de moi, et leur ai demandé d’ou» elles étaient, quel était l’état de leurs parents ,» ce qu’elles faisaient à Charlottenbourg ? La» plus hardie de ces deux pies-grièches m’a ré-» pondu qu’elles avaient tant ouï dire que les«jardins de Charlottenbourg étaient char-nmants, «(tout cet entretien se faisait en alle-mand , et ces filles y avaient employé le motfrançais charmant, que Guillaume avait enhorreur) « qu’elles avaient obtenu de leurs pa-«rents la permission de les venir voir; et qu’en» effet ils étaient si charmants, qu’elles ne« pouvaient se lasser de les admirer et de s’y» promener. A ce propos, et surtout au mot de«charmant, j’ai bien vu que je ne m’étais pas» trompé : c’est pourquoi j’ai fait appeler l’offi-