MADAME DU T ROUSSEL. 1 û5
l’une des plus belles et des plus aimables per-sonnes de ces climats; accoutumée à n etre dé-signée dans le monde que sous les noms dela belle Scluverin , ou de la belle de Kleist ,elle avait la réputation de ces dames donton parle beaucoup, à cause de l’éclat qui lesentoure : elle tenait à la cour par toutes sesliaisons ; et sa beauté, son esprit, ses habitudeset sa naissance, la plaçaient naturellementdans le tourbillon où il y avait le plus de dis-sipation et de mouvement.
Au bout de trois mois environ , je fus doncfort surpris de me voir invité en cérémonie àdîner chez elle : c’était un dîner d’académi-ciens. Madame du Troussel ne parut qu’aumoment de se mettre à table : c’était M. duIroussel qui nous avait reçus. Je me trouvaiplacé vis-à-vis d elle ; ses deux voisins étaientM. de Beausobre et M. Moulines. Je ne fus paslong-temps à m’apercevoir que j’étais l’objetd’une conversation qu’elle avait à voix basseavec ce dernier, et qui me sembla tenir de laraillerie, à en juger du moins par le jeu desphysionomies. J’éprouvai un embarras quis augmentait à mesure qu’il me paraissait pluslondé, et que je n’aurais pas déguisé, si à la fin