1 02
V O V A G K ü II S
et n’avait laissé pour héritiers collatérauxque des personnes composant une autre fa-mille en France . Le roi écrivit aux chefs decette famille que s’ils voulaient envoyer surles lieux quelques uns des leurs , avec unecession en bonne forme des droits de toute lafamille, et que ces délégués voulussent s’éta-blir dans ses états, il renoncerait volontiersen leur faveur au droit d’aubaine , et les feraitmettre en possession cle la succession vacante.La famille envoya deux frères que j’ai vus, l’und’environ dix-neuf ans, et l’autre de dix-sept.Le roi voulut les connaître ; et le soir mêmedu jour où il les avait fait appeler, il me dit :« Il n’y a donc plus d’éducation en France ,» monsieur? ou bien la noblesse en abandonne«tous les avantages à la roture? Est-ce que vos» écoles , vos collèges et vos universités sont«fermés? ou vos nobles n’v envoient-ils plus» leurs enfants ? car j’observe depuis quelque» temps que tout ce que je vois de nobles«français est d’une ignorance honteuse et in-» concevable. Jugez-en par ce qui m’est arrivé» ce matin. Deux frères, jeunes, nobles et fran-» çais , qui vont s’établir en telle province, se» trouvent ici : j’ai voulu les voir, causer avec