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Tome troisième.
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VOYAGEURS

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que là-dessus il partit. Du moment où il eutdépassé les frontières de la Russie , il se trouvadéfrayé de tout. Arrivé à Pétersbourg, il futreçu et traité à merveille par l’impératrice, aussicharmée de la fécondité et de la chaleur de sonimagination, de l’abondance et de la singula-rité de ses idées, qu’elle parut s’amuser du zèle,de la hardiesse et de l’éloquence avec lesquelsil prêchait publiquement l’athéisme. Néan-moins quelques vieux courtisans, plus expé-rimentés ou plus faciles à alarmer, représentè-rent et persuadèrent à cette souveraine auto-crate, que ce genre de prédication pourraitavoir de fâcheux effets , à la cour surtout, oùune jeunesse nombreuse, destinée aux pre-miers postes de l’empire, saisissait cette doc-trine avec plus d’avidité que d’examen. L’impé-ratrice , frappée de la convenance, de la néces-sité même d’imposer silence à Diderot sur cesmatières, voulut toutefois paraître n’avoir au-cune part aux moyens que l’on emploierait,défendit de faire intervenir l’autorité , maisconsentit à ce qu’on annonçât au philosophefrançais qu’un philosophe russe, savant ma-thématicien , et membre distingué de l’aca-démie , offrait de lui démontrer l’existence de