l6o VOYAGEURS
»ble de dicter des lois à des êtres qu’il ne eon-«naît pas, ou qu’il connaît si mal! Et de quel«droit imposerait-il des lois à des êtres que» Dieu n’a point mis en sa main ! — A quoi ré-«duisezvous donc la science du gouverne-«ment?— A bien étudier, à reconnaître et à» maintenir les lois que Dieu a si manifestement» gravées dans l’organisation même des hommes«lorsqu’il leur a donné l’existence. Vouloir al-»ler plus loin serait un grand malheur, et une» entreprise destructive. — Monsieur, je suis«bien aise de vous avoir entendu : je vous sou-» haite le bonjour. » L’impératrice fut tellement,surprise, que, pour ne pas dévoiler son em-barras , elle se hâta de rompre cet entretien,qui ne fut suivi d’aucun autre. On paya M. dela Rivière suivant les conditions faites à Paris ;et il revint plus vite qu’il n’était allé. Il ne s’ar-rêta que peu de jours à Berlin . Le roi parutégalement ignorer tout ce qui le concernait :cependant M. de la Rivière eut de longs entre-tiens avec le prince Henri, tou jours très curieuxd’entendre ceux qui venaient de Russie . Onconçoit que ce n’était pas, en cette occasion,entendre un homme fort content. M. de la Ri-vière se plaignait hautement et avec énergie,