Band 
Tome troisième.
Seite
169
JPEG-Download
 

A BERLIN .

l6t)

Dès le début, M. l’abbé Raynal , qui, pour sedonner plus d’importance dans le monde,avait fait annoncer dans le plus de journauxet de gazettes qu’il avait pu le prix qu’il venaitde proposer sur la question de savoir si ladécouverte de l’Amérique avait été utile ounuisible à l’Europe , se hâta de nous en parler,en nous invitant ày concourir, et en nous as-surant qu’il n’y avait pas de sujet plus digned’occuper les savants et les philosophes ; maisil fut un peu embarrassé de l’air d’indifférenceavec lequel on reçut son invitation. Personnene lui répondit, excepté Mérian, qui dit là-dessus un mot ou deux avec plus de courtoisieque d’intérêt. Lorsqu’on fut à table, madamela princesse d’Achkoff, s’adressant à l’abbé ,présenta l’affaire de Genève , alors assiégéepar les Suisses, les Sarcles et les Français ,comme une opération fine de M. de Ver-gennes, qui se terminerait sans doute par fairede ce pays une province de France . Ici ,M. Raynal, qui ne voulait pas aller en Russie ,et qui n’avait plus besoin de la princesse, re-devint Français . « Madame, lui dit-il, le terri-» toire de Genève contient à peine deux lieues» de rayon ; et vous savez bien que nos provinces