VOYAGEURS
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»sont d’un autre calibre. Si vous m’objectez»que Genève est riche, je répondrai quelle» n’est riche que par la contrebande, et l’avan-» tage de toucher à nos frontières. Si nous l’en-» clavions dans la France , la contrebande et les» richesses iraient plus loin ; bientôt Genève ne«serait plus qu’un village. Et pouvez-vous«penser, madame, que pour une pareille bi-« coque, M. de Vergennes ferait les frais d’une» intrigue aussi entortillée, et compromettrait» sa réputation d’intégrité ? Soyez bien .assurée» qu’il sait mieux calculer que cela, et que«cette politique mesquine et fausse n’est pas» la sienne. »
La pauvre princesse jeta sur la compagnieun regard inquiet et troublé, qui décelait sonembarras, sa confusion, et même sa surprise:on voyait non seulement qu’elle n’avait rienà répondre, mais quelle n’était pas accoutu-mée à se voir repoussée avec cette fermeté ,surtout par l’abbé Raynal; aussi passa-t-ellebrusquement à un autre objet, en s’adressantà M. de Lagrange , mon voisin... « Monsieur«de Lagrange, lui dit-elle, vous connaissez«sans doute le père Jacquier ? — Je ne l’ai«jamais vu, madame, et n’ai jamais eu aucune