delà de la nature : tout lui semblait forcé : rienne lui parut vrai ; et enfin Le Kain fut à sesyeux, non seulement un mauvais acteur, mais,de plus^-un acteur d’un exemple très dan-gereux^ et] vraiment propre à corrompre legoût.
Après le spectacle du lendemain soir, le roimodifia son jugement de la veille. Le Kain luiparut bien encore n’avoir que de l’art dansson jeu, mais il convint que cet art était sa-vamment calculé et très adroit; que la simplenature produirait moins d’effet, et qu’enfin cethomme devait avoir les succès qu’il avait ob-tenus. Il se rappela que les arts n’imitent pasune nature ordinaire, et qu’ils doivent tou-jours s’élever à ce qu’il y a de plus héroïqueet de plus parfait. Sa conclusion fut, non quecet acteur ne méritât pas de reproches, maisqu’il avait dans son art d’assez grandes quali-tés pour se faire une brillante réputation.
Enfin, le troisième jour annula entièrementle premier jugement de Frédéric, et modifiale second d’une manière frappante. « Pour bien«juger des choses qui tiennent à l’art, dit-il,« il ne suffit pas de voir avec beaucoup d’atten-»tion, il faut voir plusieurs fois. Toutes les