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VOYAGEURS
«bonnes et justes observations ne se présentent«pas ensemble, ou bien on n’en sent pas d’a-«bord toute l’importance. Voilà ce que j’ai» éprouvé en voyant jouer Le Kaim-Je ne l’ai«comparé, le premier jour, qu’aveÇ'Jynature» telle qu’elle s’offre habituellement à nous : j’ai«trouvé qu’il n’y ressemblait pas, et je l’ai re-» gardé comme acteur faux, exagéré et dange-» reux. La seconde fois que je l’ai vu sur la«scène, j’ai senti qu’il exerçait un art, et que» cet art avait des règles qu’il avait bien étu-«diées, et qu’il suivait avec beaucoup d’intel-» ligence. J’ai cru néanmoins encore qu’il don-» nait trop à cet art, et qu’il aurait dû s’écarter» moins delà nature. Aujourd’hui, il me semble» que je suis enfin arrivé au vrai point de vue«où il faut être pour le bien juger. La poésie» ne doit peindre qu’une nature choisie : ce» principe doit surtout diriger les auteurs dra-«matiques, et principalement les auteurs tra-» giques : ainsi l’acteur ne peut, sans infidélité,«copier la nature ordinaire,telle qu’on la re-» trouve partout et tous les jours. Mais, de plus,» l’action cpie le poète met sur la scène n’est» point une action qui se passe seulement dans» un cercle de société, ou dans le sein d’une fa-