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» mille;elle est transportée sur un grand théâtre,» et placée sous les yeux des nations. Combien» 11e demande-t-elle pas d’appareil ? Et l’acteur,«s’il a bien calculé les convenances, oubliera-» t-il cette grande et importante considération ?» Enfin, cet acteur lui-même est-il sur le même«soi que nous? Non; nous ne le voyons que» dans une sorte de lointain indéterminé, et en«perspective; ne faut-il pas qu’il agrandisse» tous ses traits selon les distances et les rap-» ports ? Tout dans Le Kain prend des formes«gigantesques, ou plutôt héroïques et colos-» sales. Eh ! sans doute, il est sur un piédestal !«ilnepourrraitpas se montrer autr'ement qu’il» ne fait, sans devenir gauche, maladroit, in-» conséquent et infidèle. Ma déclaration est«donc, en dernier résultat, que c’est un grand
«et admirable acteur; à quoi j’ajouterai qu’il«est le premier que j’aie vu dans le genre tra-» gique. Jusqu’à lui, je n’ai pas su ce que c’était» que de jouer la tragédie ; et j’aurai beaucoup«plus de plaisir à relire les pièces où nous» l’avons vu »
4 Voilà ce que l’éditeur de la 2 6 édition raconte à pro-pos de Le Kain :
« Le jugement que Frédéric porta sur le jeu profond et