suasion où j’étais qu’il ne ferait cependant ja-mais rien qui pût compromettre M. de Guines ;d’autant plus que ce dernier méritait exceptionet avait une véritable amitié pour lui. « Bon ,
» me répliqua-t-il, il serait ingrat comme les«autres! mais vous me connaissez, et vous» savez bien que je ne lui manquerai jamais en» rien. »
Cette conversation m’est souvent revenue àl’esprit, lorsque l’Europe a retenti, deux ansaprès, du procès que l’ambassadeur et le secré-taire ont eu l’un contre l’autre au parlementde Paris , pour cause de l’agiotage que le der-nier avait fait, et qu’il soutenait n’avoir eu lieuque par ordre et pour le compte de sonchef.
M. de Guines , en arrivant à Berlin , avaitenviron trente ans, était bel homme , et frap-pait tout le monde par ses grâces naturelleset engageantes, par un air de 'noblesse et dedignité, par l’art des prévenances, et surtoutpar une physionomie franche, ouverte, ettoujours sereine. Je n’ai vu personne avoirplus que lui cette politesse qui, d’une part,ne vous laisse rien à désirer, et de l’autre, nevous permet point de le voir ailleurs qu’à sa