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premiers. On ne se méfiera pas d’eux, et toutce qu’ils diront se gravera profondément dansles esprits.
En conséquence de ces réflexions, M. deGuines eut l’ordre secret de sauver, autantqu’il le pourrait sans se compromettre, les sol-dats français qui seraient dans les régimentsprussiens, et de les adresser aux ministres deFrance résidant sur les rivés du Rhin , pour enrecevoir leur pardon, sous la seule clause deservir deux ans dans le régiment qu’on leurassignerait. Afin de remplir cet objet, l’am-bassadeur employait quelques domestiquesdont il était bien sûr; et ceux-ci, en faisantamitié aux soldats, en compatissant à leurspeines, gagnaient leur confiance, les instrui-saient de ce qu’il serait possible que l’on fitpour eux, les habillaient un matin de la livréede leur maître, les faisaient sortir de la ville surles chevaux de l’envoyé qu’on menait prome-ner, prenaient avec eux le galop quand ilsn’étaient plus sous les yeux des sentinelles, lesconduisaient ainsi au-delà de la portée de cecanon d’alarme qui annonce les déserteurs etfait prendre les armes à tous les villages desenvirons, leur donnaient ensuite l’argent qui
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