gne, et comment il s’y prendrait pour gagnerles bonnes grâces de Frédéric , il avait répondu :
« Nous ferons de la musique, et jouerons de» la flûte ensemble 1 .» C’était peu connaître letact de l’un de ces deux hommes, que de luiattribuer une pareille phrase, comme c’étaitpeu connaître le génie politique de l’autre, quede lui faire régler sa conduite d’après une aussiminutieuse circonstance. Celui-ci était bienéloigné d’attacher la moindre importance à unmot aussi susceptible de diverses interpréta-tions ; et celui-là a toujours été moins capableque personne de se laisser aller à un défautde convenance aussi opposé à toutes ses qua-lités personnelles, et dont je n’aurais pas mêmefait mention, si on ne l’avait répété avec af-fectation. La véritable cause qui inspira ainsitout-à-coup à Frédéric un éloignement si mar-qué pour M. de Guines, c’est qu’il apprit qu’ilétait ami du duc de Choiseul : ces dispositionsfâcheuses firent que de part et d’autre on seménagea peu.
M. de Guines s’étant assuré que l’on ouvrait
1 L’éditeur de la 3 e édition attribue ce propos à M. leduc de Choiseul. B on Thiéraui.t.