2t>2 MINISTRES ETRANGERS
minait assez brusquement le sujet par les ques-tions qu’il lui convenait de faire , puis il dé-cidait, plaçait ses anecdotes, et s’en allait. Iln’y avait à cet égard d’autre différence entrel’abbé Raynal et lui, si ce n’est que ce derniermettait dans son ton un peu plus de cajolerieenvers les dames et plus de brusquerie en-vers les hommes, faisait surtout ses visitespour dîner, les prolongeait autant qu’on pa-raissait disposé à l’entendre, et apostrophaitinsolemment ceux qui ne l’écoutaient pas. Dureste , ils avaient les mêmes prétentions : tousdeux despotes et grands parleurs ; tous deuxintolérants, et ennemis de ceux qu’ils ne par-venaient pas à subjuguer; mais tous deux fortinstruits, intéressants à entendre, parlant bien,aimant à citer les grands, et uniquement occu-pés de leur vanité et de leurs intérêts.
M. Mat ne fut pas adroit à Berlin : sonamour-propre éleva un mur de séparationentre lui et les personnes qu’il aurait dîtvoir le plus, et le confina entre madamede Blumenthal, grande gouvernante de laprincesse Henri, M. de Launay, régisseur desfinances prussiennes , quelques envoyés, etun très petit nombre de gens de lettres. Il