2t>2 MINISTRES ÉTRANGERS
et qu’il y ferait placer les machines et outilsconvenables.
Le papetier de Périgueux se hâta de profi-ter de ces offres magnifiques, et arriva à la têtede vingt ouvriers. Il donna son plan : le devisdes bâtiments fut évalué par les architectes àvingt mille écus , que Frédéric fit compter audirectoire. Il ne s’agissait plus que de mettre lamain à l’œuvre; et c’était ce que le pauvreétranger ne pouvait obtenir : plus il pressait,moins on avançait. Il se désespérait de tant deretards, lorsqu’on lui fit entrevoir que toutirait vite et bien, s’il voulait consentir à parta-ger avant tout, entre les principaux employésdes bâtiments royaux au directoire, la moitiédes vingt mille écus ordonnancés : on ajoutaitqu’il n’avait pas besoin de s’inquiéter de cefaux emploi, pareequ’on saurait bien le cou-vrir de manière à ne compromettre personne,et trouver des raisons plausibles pour y fairesuppléer par le roi. Le brave Périgourdin futindigné de ces propositions : il en parla enhomme scandalisé, et déclara être incapable deconniver à aucune friponnerie. Tout cela fit dubruit dans le public , si bien que les employésne songèrent plus qu’à le punir. On fit faire les