«.Mais votre majesté aura les fleuves : notre» lot convient à un peuple laboureur, et le» vôtre à un peuple marchand. »
Vanswieten nous quitta peu après cettenégociation : il alla à Vienne répéter sanscesse à Joseph II que Frédéric, vieux etusé, mourrait bientôt ; qu’à mesure qu’ils’affaiblissait, ses accès de goutte devenaientplus dangereux, plus aigus et plus fréquents;que l’hiver, surtout, était une saison funestepour lui ; et que ce serait sans doute en hiverqu’il mourrait. Ces prophéties, que le célè-bre médecin Vanswieten n’eût peut-être oséfaire avec cette assurance, plurent à l’impatientJoseph II , et nous valurent de sa part, ou decelle de son prophète , les espions qui, pen-dant quelques années, venaient tous les hiversrôder autour de Frédéric , et le lorgner tantqu’ils pouvaient.
M. le comte de Cobentzel, aujourd’hui mi-nistre à Vienne , succéda à M. Vanswieten.Cétait son début dans la carrière diplomatique :son père, gouverneur des Pays-Bas, avait été,à ce que m’en a dit un bon juge, l’homme de! Europe qui savait le mieux interroger, exa-miner , étudier et connaître les hommes. Ce