A LA COUR DK BKRLIN. 28^!
« vous en donne -t-il pour votre argent! »Le chevalier Mitchel, invité à un grand sou-per chez le comte Finckenstein, était dansle salon, avec quelcpies autres personnes, lors-cjue l’on annonça M. de Schlaberndorff. « Com-» ment ! s’écria-t-il ; est-ce que ce ministre n’est«pas encore pendu ? — Non, lui dit-on, il se» porte fort bien en Silésie , où il est toujours.
» — Ce n’est donc pas lui ?—C’est son fils aîné«que l’on annonce. — Mais moi, c’est du«père que je parle. Il faut qu’il soit pendu,
» ou bien il n’y a pas de justice en ce monde. »M. de Schlaberndorff, fils aîné du ministre,très joli cavalier , qui venait de finir ses voya-ges , et qui était extrêmement honnête, vintle lendemain faire ses doléances sur ce proposà M. du Troussel, en qui il avait une trèsgrande confiance. « Yoilà, lui disait-il, ce que«j’ai entendu, et ce que j’ai été obligé de pa-«raître ne pas entendre , tant par égard pour» la maison où j étais, qu’à cause de lage et du» caractère public cle l’envoyé d’Angleterre. »M. du Troussel le consola d’abord autant qu’ilput ; mais son jeune ami répétant sans cessequ’il était bien malheureux, son consolateurlui dit avec une gaieté toute militaire : « Mon