288 MINISTRES ÉTRANGERS
» ami, prenez votre parti ; et persuadez-vous• que c’est en général une fort bonne chose«que d’être le fils d’un père qui a mérité d’être«pendu. »
M. Mitchel n’aimait pas ce ministre : il pré-tendait qu’on avait des reproches très gravesà lui faire , et que pendant la guerre de septans surtout, il en avait recueilli les preuves. Ill’accusait d’être la cause de la ruine de la Si-lésie, et de mille sortes de vexations. Je mebornerai à observer, à ce sujet, que, vraimentattaché à son maître, ce ministre a pu , dansdes temps malheureux, dans des circonstancesextraordinaires, se prêter , pour sauver l’état,à des opérations rigoureuses qu’il ne se seraitpas permises sans nécessité : peut-être ajissiM. de Schlaberndorff a-t-il cru devoir préférerla sévérité à l’indulgence, dans un pays con-quis, où tant de personnes pouvaient être en-core attachées à leur ancien maître. Frédéricn’a pas fait pendre M. de Schlaberndorff: il luia au contraire conservé les preuves de sa con-fiance. Celui-ci a été ministre tout-puissant enSilésie, et, en quelque sorte, vice-roi, duranttrente ans et jusqu’à sa mort.
M. Mitchel, assez philosophe pour se suffire