Souvent, dans la société, on parlait de cetteguerre à M. Elliot, et ceux qui cherchaient àlui plaire en paraissaient quelquefois effrayés ,surtout après que les Français se furent dé-clarés pour les Américains . Jamais il ne ré-pondait qu’en montrant une sécurité parfaite.
« Tout ce qui peut nous arriver de pire ,«disait-il à la fin , c’est qu’au lieu d’être le«premier peuple du monde, nous serons le» second. »
À cette même époque, il crut avoir le versolitaire, et obtint un congé pour aller con-sulter les plus habiles médecins en Angleterreet en France ; il passa plus de deux mois àParis. A son retour à Berlin , et lorsqu’il repa-rut à la cour, la reine lui demanda si, vu lacirconstance de la guerre, il n’avait pas eupeur d’être arrêté en passant par Paris , etmême en y séjournant. « Oh! madame, répon-» dit-il, il y a long-temps que les Anglais et les» Français sont des peuples civilisés. » Cetteréponse parut maligne, et eut l’air d’un sar-casme; on la cita beaucoup, mais on en futmécontent.
Il nous était venu deux Américains, envoyés,disait-on, par les États-Unis , pour négocier,