terrompre, ou me l’enlever. Je ne fus paslong-temps à me convaincre que je lui seraispeu utile. Il me dit un jour que les Anglais ,en France , étaient en général et presque par-tout reçus avec beaucoup de politesse et deprévenance, que même on leur prodiguaitavec affectation le titre de milord , mais que cen’était que pour faire une guerre plus cruelle àleurs guinées. Je me bornai à lui demanderen riant si les Français trouvaient plus d’hos-pitalité en Angleterre, et si du moins leurs po-litesses n’établissaient pas quelque différence àleur avantage. J’allai même jusqu a lui citer unvoyage de M. le vicomte de Laval à la Ja-maïque , dans lequel on lui fit payer six gui-nées, sans d’ailleurs aucune sorte de politesse,un misérable poulet qu’on avait servi à sondomestique. Enfin, je citai l’usage qui, pourainsi dire, force celui qui a accepté un dînerà Londres , à donner au moins une guinée auxlaquais qui l’attendent à la porte.
Arrivé au moment de me remercier et deme dire adieu, il me pria, non sans quelqueembarras de lui déclarer franchement ce qu’ilpouvait me devoir : « Vous m’avez peu dérangé,» lui répondis-je. Des distractions ont été cause