VOLTAIRE. 2 5g
Vussi au premier voyage que Frédéric fît surles bords du Rhin et de la Meuse, Voltaire sehâta-t-il d’aller lui rendre hommage. Ce voyageet, un autre encore, fait en 1743 après la pre-mière guerre de Frédéric, ne sont pas ce quime scandalise : il était juste et nécessaire quetant d’amitié produisît cet empressement; etc’était à celui qui était le plus libre à franchirl’intervalle qui les séparait. Mais il me sembleque chez l’un et chez l’autre il devait y avoirloin du désir et du plaisir de se voir, à l’idéede s’unir, avec promesse de ne plus se sépa-rer. C’est cependant là où leurs cajoleries mu-tuelles les conduisirent : ce qu’il y a de moinspardonnable dans cette dernière détermina-tion , c’est qu’ils la prirent et l’exécutèrent eni 750, époque où déjà il leur était si facile decomprendre qu’elle ne pourrait pas avoir uneissue heureuse.
Durant les dix premières années du règne deFrédéric, combien ne s’était-il pas passé dechoses propres à refroidir l’enthousiasme dece roi guerrier et philosophe , et de son ami,philosophe, poète et littérateur ?
Le temps apaise, calme et dissipe les trans-ports de ces passions qui n’ont subi aucune