ll\‘À ,\MIS DE FRÉDÉRIC:
devait-il lui rester de son ancienne amitié ?
Voltaire nous apprend lui-mëme que sonsecond voyage, celui de 174^, avait eu pourprincipal objet de remplir une mission secrètedu cabinet de Versailles . Accepter une missionsemblable , s’en occuper avec autant d’adresseque de zèle, travailler à ramener sou ami roidans tous les périls de la guerre, n’est-ce pascacher le rôle de courtisan politique et ambi-tieux sous le masque de l’amitié ? Cette der-nière idée n’est-elle pas celle que Frédéric de-vait se faire de la démarche de Voltaire , quandmême celui-ci aurait débuté par lui annoncerfranchement la vérité ? Mais il ne paraît pasqu’il ait fait cet aveu à Frédéric, ou qu’il l’aitfait assez tôt et avec assez de franchise. Ainsi,de quelque, manière que le roi de Prusse ait étéinstruit du motif secret du second voyage deVoltaire , je demande ce qui devait en résulterlorsqu’ils se réunirent? La confiance du mo-narque pouvait-elle être la même? son amitiéétait-elle exempte de soupçons? ne devait-ellepas être refroidie? et de plus (car les griefs s’at-tirent et s’enchaînent en ces sortes de rencon-tres), Frédéric approuvait-il l’animosité deVoltaire contre Piron et contre Jean-Baptiste