AMIS DE FRÉDÉRIC:
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qu’il avait fait avec le roi de Prusse, celui-cilui avait promis la clef de chambellan et lacroix du mérite ; mais de plus, et ce que legentilhomme de la chambre du roi de France estimait surtout , les appointements ordinairesd’un ministre d’état, c’est-à-dire près de vingtmille francs par an, appartement au château,la table 1 , le bois de chauffage, deux bougiespar jour, et par mois, tant de livres de sucre,café, thé et chocolat. Or, il arriva qu’on ne re-mettait à M. de Voltaire que du sucre mal raf-finé, du café mariné, du thé éventé, et duchocolat mal fabriqué. Il put bien soupçonnerque Frédéric 11’était pas si mal obéi sans le
1 « Le vieux comte de Nesselrode disait que des or-dres avaient été donnés par le roi pour que chaque jourune table décente, et de six couverts, fût servie chez lepoète. Voltaire avait la malice de prier huit ou dix per-sonnes. On trouvait de quoi manger ; mais les gens de l’of-fice n’étant pas prévenus, il manquait toujours quelquesarticles, soit café, soit sucre, soit liqueurs. Voltaire s’é-gayait alors par des railleries et par des épigrammes surl’humeur parcimonieuse de son hôte royal. A l’en croire,la peau du lion laissait échapper les aiguillettes du pour-point d’Harpagon. ( Pr. Ed. )
Quand on songe aux nombreux motifs que les sujetsprussiens les plus dévoués avaient de pallier les lésine-