248 AMIS un Frédéric:
plaintes. «Il est affreux, répliqua le roi, que» l’on m’obéisse si mal. Mais vous savez les or-«dres que j’ai donnés; que puis-je faire de«plus? Je ne ferai pas pendre ces canailles-là» pour un morceau de sucre ou pour une pin-* cée de mauvais thé ; ils le savent et se mo-»quent de moi. Ce qui me fait le plus de peine,» c’est de voir M. de Voltaire distrait de ses» idées sublimes pour de semblables misères.» Ab ! n’employons pas à de si petites bagatel-» les les moments que nous pouvons donner aux«muses et à l’amitié! Allons, mon cher ami,«vous pouvez vous passer de ces petites four-nitures, elles vous occasionent des soucis» peu dignes de vous : eh bien ! n’en par-lons plus; je donnerai ordre qu’on les sup-» prime. »
Cette conclusion étonna Voltaire , et par elle-mèrne, et par la tournure que son royal amisut y donner. « Ah ! se dit-il en lui-même, c’est» donc ici sauve ou gagne qui peut ! En ce cas,» sauvons et gagnons ce que nous pourrons ! Le«pire, en ces rencontres, est d’être dupe. » Cefut ainsi, et dès cette époque, qu’il fit reven-dre en paquets les douze livres de bougiesqu’on lui donnait par mois; et que, pour s’é-