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clairer chez lui, il avait soin, tous les soirs,de revenir plusieurs fois dans son appartementsous différents prétextes, et de s’armer à cha-que fois de l’une des plus grandes bougies al-lumées dans les salles de l’appartement du roi,bougies qu’il rie rapportait pas, et dont il au-rait pu dire au besoin : C’est mon sucre et moncafé.
Je prie le lecteur de considérer un momentquelle impression ces faits devaient produiredans l’âme des deux amis! Certes, ils devaientêtre plus près du dépit, de la rancune et dela haine, que de l’amitié : au moins est-il cer-tain que la méfiance, assez naturelle à tousdeux, devait s etre bien accrue. Comme ils de-vaient s’épier et se tenir sur leurs gardes ! Cepen-dant ils ne se quittaient pas, si on en exceptela matinée, que le roi donnait tout entière augouvernement, et le temps de quelques dîners;mais les soupers les réunissaient tous les joursà ceux qui étaient appelés à les admirer, et làon voyait la philosophie, la littérature et lapoésie régner ensemble ou tour à tour. Chaqueminute amenait des sentences précieuses : toutétait raison ou esprit dans ces réunions; etl’on pouvait y admirer également le choix ainsi