VOLTAIRE.
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» taire a dit après la lecture de mon billet ? »Silence profond. « Ne m’entendez-vous pas? Je«vous ordonne de me dire s’il a parlé, et ce«qu’il a dit et ce qu’il a fait? «Même silenceencore. « Répéterez-vous ce qu’il a dit, » repritle roi. * Parlez : je le veux ! Dites, ou tremblez ! »Enfin, le page, vaincu par la terreur, s’arrê-tant à chaque mot, et plus tremblant encorequ’il ne l’avait été chez Voltaire, se mit à ra-conter, sans oser lever les yeux, tout ce qu’ilavait vu et entendu. A mesure qu’il avançaitdans son récit, le roi allait et venait à grandspas ; il s’arrêtait et attachait ses regards sur sonpage, son visage s’enflammait, son œil étaitterrible, et l’on ne pouvait qu’attendre unegrande explosion, lorsque le page arrivant auxderniers mots proférés par Voltaire , ce monar-que devint subitement calme, se mit à sourireen haussant les épaules, et termina cette grandeaffaire par ces mots : C’est un foui Ainsi le com-pliment non mérité par où Voltaire avait eul’adresse de couvrir ses injures, calma la colèredu roi, et sauva du moins encore quelquesapparences.
Je l’ai déjà dit, et on le voit, il ne pouvaitplus être question que du moyen le plus conve-