2^0 AMIS DE FREDERIC:
nable de se quitter. Voltaire n’eut plus d’autresujet de méditation. Toutes les lettres qu’ilécrivit alors à ses parents et à ses amis ne pei-gnaient que le désir très ardent de revenir enFrance . Il voulut toutefois ne paraître déter-miné que par des raisons de santé et d’affaires :ce furent là les titres sur lesquels il se fondaen demandant son congé, et en renvoyant à samajesté son brevet de pension, la clef de cham-bellan, et la croix du mérite, qu’il eut l’adressed’accompagner de ces quatre vers si galants :
Je la reçus avec tendresse,
Et je la rends avec douleur,
Comme un amant dans sa fureurRend le portrait de sa maîtresse.
Le roi lui renvoya toutes ces bagatelles, oumieux toutes ces marques de servitude , ainsique Voltaire les appelait, et y joignit, pourrétablir sa santé, une bonne dose de quinquina.Cette plaisanterie ne devait pas guérir l’espritde Voltaire , mais elle le détermina à pren-dre une autre voie pour recouvrer sa liberté.Il écrivit qu’il avait besoin d’aller aux eaux dePlombières : on lui répondit qu’il y en avaitd’aussi bonnes vers la Silésie. Alors il demande