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Tome cinquième.
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VOLTAIRE. Ü 79

arrêtée avec lui, sous le prétexte que, restantlibre, elle aurait pu partir et emporter enFrance le fatal volume. Ce prétexte n'étaitqu’une injure déplacée : mais les anciens mi-litaires ne s’embarrassent pas de cela, et lesvrais diplomates ne s’y arrêtent qu’autant qu’ille faut pour justifier le fond par la forme. Lavérité est que le manuscrit royal, cheminantvers Francfort , ainsi que d’autres livres, avec lalenteur des rouliers ordinaires , n’était pasencore arrivé, et que même il n’arriva qu’as ’sez long-temps après Voltaire . Du reste, quecet homme si vif, irrité de tous ces contre-temps , ait fait une prison de l’auberge où onlui donna des sentinelles, et qu’il ait transforméM. le major Freitach en bas-officier, on nedoit pas en être surpris, après qu’on l’a vufaire d’un château un corps-de-garde, et d’ungrand roi un maréchal-des-logis ; et s’il a re-proché au premier d’avoir parlé le français aussi mal que tant de Français parlent l’alle-mand , il n’y a là tout au plus que de quoi rire ,à charge de revanche. Dès que les malles etcaisses furent arrivées, M. de Voltaire remitle volume , comme il avait d’abord remis lesautres objets réclamés, et alla vite avec sa nièce