Band 
Tome cinquième.
Seite
294
JPEG-Download
 

294 AMIS DE FREDERIC:

( 36o fr. ), sur lesquels il y en eut environ qua-rante que je fis changer contre des pièces dehuit groschen ( 24 sous ). Le jour de la céré-monie , je distribuai ces pièces aux académi-ciens, au nom de qui cette cérémonie se fai-sait , et ce fut en nous retirant à la fin, et surle perron de l’église, que MM. de la Grange,de Francheville, Borrelly, Perneti et moi, tousles cinq en grand deuil, nous distribuâmes cespièces aux pauvres qui se présentèrent. Ces au-mônes furent encore accrues par une circon-stance que je n’avais pas dû prévoir, et quevoici. Le roi avait fait venir d’Italie un célèbredécorateur, nommé Gagliari, poiir renouvelerles décorations de l’Opéra. Soit par zèle de re-ligion, soit par amour-propre, cet hommeavait eu la générosité de peindre gratis l’inté-rieur de la voûte de notre église. Il avait aveclui un neveu qu’il avait formé, et qu’il nouslaissa en nous quittant, et ce fut à ce neveuque je m’adressai pour les peintures dont j'a-vais besoin. Flatté de la préférence que je luiaccordais, et tout glorieux d’être employé pourle service d’un aussi grand homme que Yoltaire,il ne voulut aucun paiement, de sorte que lapart des pauvres s’accrut encore des trente