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V
du Temple du Goût.
Roujseau se fâcha d’autant plus que la déesse avait raison :elle lui disait des vérités ; il répondit par des injures, &lui cria :
Ah ! je connais votre cœur équivoque ;
Respect le cabre , amour ne 1 adoucit ,
Et ressemblez à 1 œuf cuit dans fa coque ;
Plus on l'échauffe 8c plus il se durcit.
II vomit plusieurs de ses nouvelles épigrammes quifont toutes dans ce goût. La Motte les entendit, il en rit ;mais point trop fort 8c avec discrétion. Roujseau furieux luireprocha à son tour tous les mauvais vers que cet acadétmicien avait faits en fa vie ; 8c cette dispute aurait durélong temps entr’eux íi la Critique ne leur avait imposésilence Sc ne leur avait dit: Ecoutez, vous la Motte , brûlezvotre Iliade, vos tragédies 8c toutes vos dernières odes, lestrois quarts de vos fables 8c de vos opéra; prenez à la mainvos premières odes , quelques morceaux de prose danslesquels vous avez presque toujours raison, hors quand vousparlez de vous 8c de vos vers. Je vous demande surtoutune demi-douzaine de vos fables, l’Europe galante , aveccela entrez hardiment.
Vous, Roujseau , brûlez vos opéra, vos comédies, vosdernières allégories , odes, épigrammes germaniques ,ballades, sonnets ; jurez de ne plus écrire , 8e venez vousmettre au-dessus de la Motte en qualité de versificateur ;mais toutes les fois qu’il s’agira d'esprit 8c de raisonnement,vous vous placerez fort au-dessous de lui. La Motte fit larévérence, Roujseau tourna la bouche, Sc tous deux entrèrentà ces conditions.
Dans une autre édition , après ce vers :
En lui fermant la porte au nez.
on lisait :
11 fut fort étonné de ce procédé, 8c jura de s’en venger
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