du Temple du Goût. 183
Où j’ai sanglé messieurs du parlement.
O vous , Critique , ô vous, Déesse utile ,
C était par vous que j étais inspiré :
En tout pays, en tout temps abhorré ,
Je n ai que vous désormais pour asile.
La Critique entendit ces paroles, r'ouvrit la porte , Scparla ainsi :
Rousseau , connais mieux la Critique :
Je fuis juste, 8c ne fus jamaisSemblable à ce monstre caustiqueQui t’arma de ses lâches traits ,
Trempés au poison satiriqueDont tu t'enivres à longs traits.
Autrefois de ta félonie .
Thémis te donna le guerdon :
Par arrêt ta muse est banniePour certains couplets de chanson,
Et pour un fort mauvais factumOue te dicta la calomnie.
Mais par 1 équitable ApollonTa rage fut bien mieux punie ;
11 t'ôta le peu de génie
Dont tu dis qu’il t’avait fait don.
11 te priva de f harmonie,
Et tu n’as plus rien aujourd'huiOue la fureur 8c la manieDe rimer encor malgré luiDes vers tudefques qu’il renie.
O vous, Messieurs les beaux esprits,
Si vous voulez être chérisDu Dieu de la double montagne,
Et que dans vos galans écritsLe Dieu du Goût vous accompagne,
Faites tous vos vers à Paris ,
Et n allez point en Allemagne.
(í) Premières éditions :
Ah, bon Dieu ! s’écria la Critique, quel horrible jargon !Elle fit ouvrir la porte pour voir Fanimal qui avait un
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