du Temple du
Goût.
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Ninon, cet objet si vanté ,
Oui si long-temps fut faire usageDe son esprit , de fa beauté ,
Et du talent d être volage ,
Pesait alors, avec gaîté ,
A ce charmant aréopage ,
Un discours fur la volupté.
Dans cet art elle était maîtresse ;
L auditoire était enchanté,
Et tout respirait la tendresse.
Mes deux guides, en vérité,
Auraient volontiers écouté ;
Mais, hélas! ils font dune espèceOui leur ôte la liberté ,
Et les condamne à la sagesse.
IIsme laissèrent entendre le sermon de JV/ncm. Je courusensuite vers la le Couvreur , Sc mes conducteurs ^amu-sèrent à parler de littérature avec quelques jésuites qu’ilsrencontrèrent. Un janséniste dira que les jésuites se fourrentpar-tout ; mais la vérité est que de tous les religieux lesjésuites font ceux qui entendent le mieux les belles-lettres,Sc qu’ils ont toujours réussi dans l’éloquence S: dans lapoésie. Le Dieu voit de très-bon œil beaucoup de cespères, mais à condition qu’ils ne diront plus tant de malde Despréaux , Sc qu’ils avoueront que les Lettres Provin-ciales font la plus ingénieuse, ausiì-bien que la pluscruelle, 8c , en quelques endroits, la plus injuste satirequ’o n ait jamais faite.
On fe doute assez que les bienfaiteurs du Temple y ontune place honorable ; mais croirait-on que Colbert y estmieux traité que le cardinal de Richelieu ? C’est que Colbertprotégea tous les beaux arts fans être jaloux des artistes,Sc qu’il ne favorisa que de grands hommes ; car il sedégoûta bien vite de Chapelain , Sc encouragea De/préaux.Le cardinal de Richelieu , au contraire, fut jaloux du grandCorneille , Sc au lieu de s’en tenir, comme il le devait, àprotéger les beaux vers, il s’amufa à en faire de mauvais