Band 
Tome douzieme.
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219
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PRÉLIMINAIRE.

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M. Addijfon , les éloges qu’il mérite ; mais il en méri-terait davantage, 8c il aurait plus honoré la philosophie8c la poésie, s’il avait plus ménagé , dans son poème,des têtes couronnées qu’un ennemi même doit tou-jours respecter , 8c s’il avait songé que les louangesdonnées aux vaincus font un laurier de plus pourles vainqueurs : il est à croire que quand M. Addijfonfut secrétaire d’Etat, le ministre se repentit de cesindécences échappées à fauteur.

Si f ouvrage anglais est trop rempli de fiel, celui-cirespire l’humanité ; on a songé , en célébrant unebataille, à inspirer des sentimens de bienfesance :malheur à celui qui ne pourrait se plaire qu’auxí peintures de la destruction , 8c aux images des mal-í heurs des hommes!

Les peuples de l’Europe ont des principes d’huma-nité qui ne se trouvent point dans les autres partiesdu monde ; ils font plus liés entr’eux , ils ont deslois qui leur font communes ; toutes les maisons dessouverains font alliées ; leurs sujets voyagent conti-nuellement 8c entretiennent une liaison réciproque.Les Européens chrétiens font ce qu’étaient les Grecs,ils se font la guerre entr’eux ; mais ils conservent dansces distendons tant de bienséance , 8c d’ordinaire depolitesse, que souvent un français , un anglais, unallemand qui fe rencontrent paraissent être nés dansla même ville. II est vrai que les Lacédémoniens 8c lesThébains étaient moins polis que le peuple d’Athènes;mais enfin toutes les nations de la Grèce fe regardaientcomme des alliés qui ne fe lésaient la guerre que dansl’espérance certaine d’avoir la paix : ils insultaient