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Tome douzieme.
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Discours

rarement à des ennemis qui dans peu d’annéesdevaient être leurs amis. C’est fur cc principe qu’ona tâché que cet ouvrage fût un monument de la gloiredu roi , 8c non de la honte des nations dont il atriomphé : on serait fâché d’avoir écrit contr’elles avecautant d’aigreur que quelques français en ont misdans leurs satires contre cet ouvrage d’un de leurscompatriotes ; mais la jalousie d’auteur à auteur estbeaucoup plus grande que celle de nation à nation.

On a dit des Suisses qu’ils font nos antiques amis ùnos concitoyens , parce qu’ils le font depuis deux centscinquante ans. On a dit que les étrangers qui ferventdans nos armées ont suivi l'exemple de la maison duroi 8c de nos autres troupes, parce qu’en effet c’esttoujours à la nation qui combat pour son prince àdonner cet exemple, 8c que jamais cet exemple n’a étémieux donné.

On n'ôtera jamais à la nation française la gloirede la valeur 8c de la politesse. On a osé imprimer quece vers,

Je vois cet étranger qu’on croît né parmi nous,

était un compliment à un général né en Saxe d’avoir1 air français. 11 est bien question ici d’air 8c de bonnegrâce : quel est l'homme qui ne voit évidemmentque ce vers signifie que le général étranger est auíìiattaché au roi que s’il était né son sujet ?

Cette critique est auísi judicieuse que celle dequelques personnes qui prétendirent qu’il n’était pashonnête de dire que le général était dangereusementmalade, lorsqu’en effet son courage lui fit oublier