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Discours
de soixante ; 8c on en trouverait quatre fois davantage,si la nature de l’ouvrage le comportait.
II serait bien étrange qu’il eût été permis à Homère,à Virgile , au Tajse , de décrire les blessures de milleguerriers imaginaires , 8c qu’il ne le fût pas de parlerdes héros véritables qui viennent de prodiguer leursang, 8c parmi lesquels il y en a plusieurs avec quifauteur avait eu l’honneur de vivre , 8c qui lui ontlaissé de sincères regrets.
L’attention scrupuleuse qu’on a apportée dans cetteédition doit servir de garant de tous les faits qui fonténoncés dans le poème ; il n’cn est aucun qui nedoive être cher à la nation 8c à toutes les famillesqu’ils regardent. En effet, qui n’est touché sensiblementen lisant le nom de son sils , de son frère, d’un parentcher, d’un ami tué ou blessé , ou exposé dans cettebataille qui fera célébré à jamais ; en lisant, dis-je, cenom dans un ouvrage qui, tout faible qu’il est, a étéhonoré plus d’une fois des regards du monarque, 8cque fa majesté n’a permis qu il lui fût dédié queparce qú’elle a oublié son éloge en faveur de celui desofficiers qui ont combattu 8c vaincu fous ses ordres ?
C’est donc moins en poète qu’en bon citoyen qu’ona travaillé : on n’a point cru devoir orner ce poèmede longues fictions, surtout dans la première chaleurdu public , 8c dans un temps où l’Europe n’étaitoccupée que des détails intéressans de cette victoireimportante, achetée par tant de sang.
La fiction peut orner un sujet, ou moins grand, oumoins intéressant, ou qui, placé plus loin de nous ,laisse l’esprit plus tranquille: ainsi, lorsque Dejpréaux