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Discours
que s’il avait évoqué les Euménides, pour faire ôterla vie à un jeune guerrier aimable.
II faut des divinités dans un poème épique, Scsurtout quand il s’agit de héros fabuleux ; mais icile vrai Jupiter , le vrai Mars , c’est un roi tranquilledans le plus grand danger, Sc qui hasarde sa vie pourun peuple dont il est le père : c’est lui , c’est son fils,ce font ceux qui ont vaincu fous lui, Sc non JunonSc Juturne , qu’on a voulu Sc qu’on a dû peindre.D’ailleurs , le petit nombre de ceux qui connaissentnotre poésie savent qu’il est bien plus aisé d’intéresserle ciel , les enfers 8c la terre à une bataille que defaire reconnaître Sc de distinguer par des images propres8c sensibles des carabiniers qui ont de gros fusilsrayés , des grenadiers , des dragons qui combattentà pied 8c à cheval, de parler de retran chemens faits à lahâte, d’ennemis qui s’avancent en colonne, d’exprimerenfin ce qu’on n’a guère dit encore en vers.
C’était ce que sentait M. Addijfon , bon poète Sccritique judicieux. II employa dans son poème, qui aimmortalisé la campagne de Hochstet , beaucoupmoins de fictions qu’on ne s’en est permis dans lepoème de Fontenoi. II savait que le duc de Marlborough8c le prince Eugène se seraient très-peu souciés de voirdes dieux où il était question des grandes actions deshommes ; il savait qu’on relève par l’invention lesexploits de l’antiquité, Sc qu’on court risque d’affaiblirceux des modernes par de froides allégories : il a faitmieux, il a intéressé 1 Europe entière à son action. IIen est à peu près de ces petits poèmes de trois centsou de quatre cents vers fur les affaires présentes
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