POEME
DE FONTENOI.
C^uoi ! du siècle passé le fameux satiriqueAura fait retentir la trompette héroïque,
Aura chanté du Rhin les bords ensanglantés,
Ses défenseurs mourans , ses flots épouvantés,
Son Dieu même en fureur effrayé du passage,
Cédant à nos aïeux son onde & son rivage ;
Et vous, quand votre roi, dans des plaines de sang,Voit la mort devant lui voler de rang en rang;Tandis que de Tournay foudroyant les murailles,
II suspend les assauts pour courir aux batailles ;Quand des bras de f hymen, s’élançant au trépas,Son fils, son digne fils, fuit de si près ses pas;
Vous , heureux par ses lois, & grands par fa vaillance,Français, vous garderiez un indigne silence?
Venez le contempler aux champs de Fontenoi.
O vous, Gloire, Vertu, Déesses de mon roi,Redoutable Bellone 8c Minerve chérie,
Passion des grands cœurs, amour de la patrie,
Pour couronner Louis prêtez-moi vos lauriers ;Enflammez mon esprit du feu de nos guerriers ;Peignez de leurs exploits une éternelle image.
Vous m’avez transporté sur ce sanglant rivage;
J’y vois ces combattans que vous conduisez tous.C’est-là ce fier saxon, (a) qu’on croit né parmi nous,
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