Band 
Tome douzieme.
Seite
228
JPEG-Download
 

POEME

228

Maurice, qui touchant à l’infernale rive,

Rappelle pour son roi son ame fugitive,

Et qui demande à Mars , dont il a la valeur,

De vivre encore un jour, 8c de mourir vainqueur.Conservez , justes Cieux , ses hautes destinées ;

Pour Lodis Sc pour nous prolongez ses années.

Déjà de la tranchée (b) Harcourt est accouru:Tout poste est assigné , tout danger est prévu.

Noailles, (c) pour son roi plein d’un amour fidelle,Voit la France en son maître, 8c ne regarde qu’elle.

Ce sang de tant de rois, ce sang du grand Condé,

D'Eu, [d) par qui des Français le tonnerre est guidé, ( 1 )Penthièvre, ( e) dont le zèle avait dévancé l'âge,

Qui déjà vers le Mein signala son courage,

Bavière avec de Pons, Boufflers 8c Luxembourg,Vont, chacun dans leur place, attendre ce grand jour:Chacun porte l’espoir aux guerriers qu'il commande:Le fortuné Danoy, (f) Chabanes, Galerande;

Le vaillant Bérenger, ce défenseur du Rhin,

Colbert Sc du Chaila, tous nos héros enfin, ( g)

Dans l’horreur de la nuit, dans celle du silence,Demandent seulement que le péril commence.

Le jour frappe déjà de ses rayons naiíTansDe vingt peuples unis les drapeaux menaçans.

Le Belge, qui, jadis fortuné fous nos princes,

Vit l’abondance alors enrichir nos provinces;

Le Batave prudent, dans l’Inde respecté,

Puissant par son travail 8c par sa liberté,

Qui, long-temps opprimé par P Autriche cruelle,Ayant brisé son joug, s’arm'e aujourd’hui pour. elle ;