230
POEME
L'Escaut, les ennemis, les remparts de la ville,Tout présente la mort, 8c Louis est tranquille.
Cent tonnerres de bronze ont donné le signal.
D’un pas ferme 8c pressé, d'un front toujours égal,S’avance vers nos rangs la profonde colonne,
Que la terreur dévance , 8c la flamme environne;Comme un nuage épais , qui fur l’aîle des ventsPorte l’éclair, la foudre 8c la mort dans ses flancs.
Les voilà ces rivaux du grand nom de mon maître,
Plus farouches que nous, austì vaillans peut-être,Encor tout orgueilleux de leurs premiers exploits.Bourbons ! voici le temps de venger les Valois.
Dans un ordre effrayant, trois attaques formées,Sur trois terrains divers engagent les armées ;
Le Français, dont Maurice a gouverné l’ardeur,
A son poste attaché, joint l’art à la valeur.
La mort fur les deux camps étend fa main cruelle ;Tous ses traits font lancés, le sang coule autour d’elle.Chefs, officiers, soldats, l’un fur l'autre entassés,
Sous le fer expirans, par le plomb renversés,
Poussent les derniers cris en deinandant vengeance.
Grammont, que signalait sa noble impatience ,Grammont dans l’Elyfée emporte la douleurD’ignorer en mourant si son maître est vainqueur.
De quoi lui serviront ces grands titres de ( h ) gloire,Ce sceptre des guerriers , honneur de fa mémoire ?
Ce rang, ces dignités, vanités des héros,
Que la mort avec eux précipite aux tombeaux?
Tu meurs, jeune [i) Craon ! Que le Ciel moins sévèreVeille sur les destins de ton généreux frère !