DE FONTENOI. 231
Hélas ! cher Longaunay, (i) quelle main, quel secoursPeut arrêter ton sang, 8c ranimer tes jours !
Ces ministres de Mars, (/) qui d’un vol si rapideS’élançaient à la voix de leur chef intrépide,
Sont du plomb qui les fuit dans leur course arrêtés,Tels que des champs de Pair tombent précipitésDes oiseaux tout sanglans palpitans fur la terre.
Le fer atteint (m) d’Havré. Le jeune d’Aubeterre (2)Volt de fa légion tous les chefs indomptés,
Sous le glaive 8c le feu mourans à ses côtés.
Guerriers que Chabrillant avec Brancas rallie,
Que d’Anglais immolés vont payer votre vie !
Je te rends grâce, ô Mars ! Dieu de sang, Dieu cruel,La race de Colbert, (ra) ce ministre immortel,Echappe en ce carnage à ta main sanguinaire.
( 3 ) Guerchi (0) n’est point frappé, la vertu peut te plaire ;Mais vous, brave (p) d’Aché, quel fera votre fort?
Le Ciel fauve, à son gré , donne 8c suspend la mort.
Infortuné Lutteaux, tout chargé de bleíTures,
L’art qui veille à ta vie, ajoute à tes tortures ;
Tu meurs dans les tourmens ; nos cris mal entendusTe demandent au Ciel, 8c déjà tu n'es plus.
O combien de vertus que la tombe dévore !Combien de jours brillans éclipsés à l'aurore !
Que nos lauriers sanglans doivent coûter de pleurs !
Ils tombent ces héros, ils tombent ces vengeurs;
Ils meurent, 8c nos jours font heureux 8c tranquilles-;La molle volupté, le luxe de nos villes,
Filent ces jours sereins, ces jours que nous devonsAu sang de nos guerriers, aux périls des Bourbons.
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