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Tome douzieme.
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POEME

Couvrons du moins de fleurs ces tombes glorieuses ;Arrachons à l'oubli ces ombres vertueuses ;

Vous (q) qui lanciez la foudre, 8c qu’ont frappé ses coups,Revivez dans nos chants, quand vous mourez pour nous.

Hé quel serait, grand D i E u ! le citoyen barbare,Prodigue de censure, 8c de louange avare,

Qui peu touché des morts, 8c jaloux des vivans,

Leur pourrait envier mes pleurs 8c mon encens ?

Ah! s’il est parmi nous des cœurs dont {'indolence,Insensible aux grandeurs, aux pertes de la France,Dédaigne de m’entendre 8c de ip’encourager,Réveillez-vous, ingrats ; Louis est en danger,

Le feu qui se déploie, 8c qui, dans son passage,

S'anime en dévorant F aliment de sa rage,

Les torrens débordés dans l’horreur des hivers,

Le flux impétueux des menaçantes mers,

Ont un cours moins rapide, ont moins de violence.Que l'épais bataillon qui contre nous s’avance;

Qui triomphe en marchant; qui, le fer à la main,

A travers les mourans s’ouvre un large chemin.

Rien n’a pu l’arrêter; Mars pour lui se déclare.

Le roi voit le malheur, le brave 8c le répare.

Son fils, son seul espoir.... Ah! cher Prince, arrçtez ;Où portez-vous ainsi vos pas précipités?

Conservez cette vie au monde nécessaire.

Louis craint pour son fils, (r) le fils craint pour son père ;Nos guerriers tout sanglans frémissent pour tous deux,Seul mouvement d’effroi dans ces cœurs généreux.

Vous (s) qui gardez mon roi, vous qui vengezlaFranceVous, peuple de héros, dont la foule s'avance,