DE FONTENOI. 233
Accourez, c’est à vous de fixer les destins;
Louis, son fils, l’Etat, l’Europe est en vos mains.
Maison du roi, marchez, assurez la victoire ;
Soubise 8: Pecquigny (t) vous menent à la gloire. (4)Paraissez, vieux soldats, (u) dont les bras éprouvésLancent de loin la mort, que de près vous bravez.Venez, vaillante élite, honneur de nos armées;Partez, flèches de feu, grenades (x) enflammées;Phalanges de Louis, écrasez sous vos coupsCes combattans si fiers 8c si dignes de vous.
Richelieu, qu'en tous lieux emporte son courage.Ardent, mais éclairé, vif à la fois 8c sage,
Favori de l'Amour, de Minerve 8c de Mars,
Richelieu ()i) vous appelle, il n'est plus de hasards;
11 vous appelle: il voit d’un œil prudent 8c fermeDes succès ennemis 8c la cause 8c le terme ;
II vole, 8c sa vertu secondant vos grands cœurs,
II vous marque la place où vous ferez vainqueurs.
D’un rempart de gazon, faible 8c prompte barrière,Que l’art oppose à peine à la fureur guerrière,LaMarck, (z) laVauguion, (ast)Choiseul d’un même effortArrêtent une armée, 8c repoussent la mort.D’Argenson qu’enflammaient les regards de son père,La gloire de P Etat, à tous les siens si chère,
Le danger de son roi, le sang de ses aïeux,
Assaillit par trois fois ce cprps audacieux,
Cette masse de feu, qui- semble impénétrable:
On l’arrête , il revient, ardent, infatigable ;
Ainsi qu’aux premiers temps, par leurs coups redoublés,Les béliers enfonçaient les remparts ébranlés.