AV E RTIS S E M E NT.
Soit que l’Ecclésiaste ait été effectivementcomposé par Salomon , soit qu’un autre auteurinspiré ait fait parler ce sage ; ce livre a toujoursété regardé comme un monument précieux, 8el’eíl d’autant plus qu’on y trouve plus de phi-losophie. II montre le néant des choses humaines ;il conseille en même temps l’usage raisonnabledes biens que Dieu a donnés aux hommes. IIne fait pas de la sagesse un fantôme hideux 8erévoltant ; c’est un cours de morale fait pourles gens du monde. C’est pourquoi on a cru celivre de l’Ecriture préférable à tout autre, pouren donner un précis en vers, 8c pour le présenterà la personne respectable à qui on a eu l’hon-neur de l’adresser. /
II n’aurait pas été possible de le traduire d’unbout à l’autre avec succès ; le style oriental esttrop différent du nôtre. L’esprit divin qui s’élèveau-dessus de nos idées néglige la méthode : ilne fait point difficulté de répéter souvent lesmêmes pensées 8c les mêmes expressions. II patterapidement d’un objet à un autre ; il revientfur ses pas ; il ne craint ni les contradictionsapparentes que notre esprit borné est obligé deconcilier, ni les grandes hardiesses que notrefaiblesse est dans la nécessité d’adoucir.
Le sentiment de sa propre insuffisance a forcéPoanes. R