Lettre
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vous ai fait croître comme l'herbe des champs. Etubera tua intumuerunt , sir pilus tuus germinavit, b erasnuda , sir tranfivi per te , sir vidi te , sir ecce tempus aman-tium , b extendi amìclum meurn super te, b sabla es mihi,b le lavavi aquâ , b vejlivi te difcoloribus — sir ornavi te
ornamenlis , b dedi armillas b torquem . Jed habens
fduciam in pulchritudine tuâ — fornicata es cum omnitranfeunti — b fecijìi tïbifimulacra mafculina , b fornicataes cum eis — b fecijìi tibi lupanar , b fornicata es cumvicinis magnarum carnium — sir dona donabas eis ut intra-rent ad te undique ad fornicandum.
Le vingt-troisième chapitre est encore beaucoupplus fort. Ce font les deux soeurs Oolla Sc Oliba quife font abandonnées aux plus infâmes prostitutions ;Oolla a aimé avec fureur de jeunes officiers & de jeunesmagistrats : Oliba infanivit amoresuper concubitum eorumqui habent membra afinorwn , b ficut Jluxus equorum Jluxuseorum.
Vous voyez évidemment que dans ces temps-là onne fefait point scrupule de découvrir ce que nous voi-lons , de nommer ce que nous n’ofons dire, Sc d’ex-primer les turpitudes par les noms des turpitudes.
D’où vient notre délicatesse ? c’est que plus lesmœurs font dépravées, plus les expressions deviennentmesurées. On croit regagner en paroles ce qsson aperdu en vertu. La pudeur s'est enfuie des cœurs , 8cs’est réfugiée fur les lèvres. Les hommes font enfinparvenus à vivre ensemble, fans fe dire jamais unseul mot de ce qu’ils sentent, 8c de ce qu’ils pensent;la nature est par-tout déguisée, tout est un commercede tromperie.
Rien de plus naturel, de plus ingénu , de plus