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Tome premier.
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Lettres

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Euripide surtout , qui me paraît si supérieur àSophocle , 8c qui serait le plus grand des poètess’il était né dans un temps plus éclairé , a laissédes ouvrages qui décèlent un génie parfait, malgréles imperfections de ses tragédies.

Eh ! quelle idée ne doit - on point avoir d’unpoète qui a prêté des sentimens à Racine même ? Lesendroits que ce grand homme a traduits d’Euripide,dans son inimitable rôle de Phèdre, ne sont pas lesmoins beaux de son ouvrage.

Dieux, que ne suis-je affise à sombre des forêts!Ouand pourrai-je, au travers d’une noble poussière,Suivre de l’ceil un char fuyant dans la carrière !

.Insensée , où fuis-je 8c qu’ai-je dit?

Où laissai-je égarer mes vœux 8c mon esprit?

Je l’ai perdu, les dieux m’en ont ravi l’usage.Oenone , la rougeur me couvre le visage ;

Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs,

Et mes yeux, malgré moi, se remplissent de pleurs.

Presque toute cette scène est traduite mot pourmot d’Euripide. II ne faut pas cependant que lelecteur, séduit par cette traduction, s imagine que lapièce à'Euripide soit un bon ouvrage. Voilà le seulbel endroit de sa tragédie, 8c même le seul raison-nable; car c’est le seulqu zRacim ait imité. Et commeon ne s’aviíèra jamais d’approuver l’Hippolyte deSènèque , quoique Racine ait pris dans cet auteurtoute la déclaration de Phèdre ; aussi ne doit-onpas admirer l’Hippolyte d’ Euripide, pour trente ou