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Tome premier.
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SUR OEDIPE. 53

davantage d’un auteur , 8c peut-être un censeur nem’aurait-il pas plus maltraité. Si l’on me demandepourquoi je n ai pas corrigé ce que je condamne,je répondrai qu il y a souvent dans un ouvrage desdéfauts qu'on est obligé de laisser malgré foi ; 8cd’ailleurs il y a peut-être autant d’honneur à avouerses fautes qu’à les corriger : j'ajouterai encore quej’en ai ôté autant qu’il en reste. Chaque représenta-tion de mon Oedipe était pour moi un examen sévère,où je recueillais les suffrages 8c les censures dupublic , 8c j'étudiais son goût pour former le mien.II faut que j’avoue que Monseigneur le prmce deConti est celui qui m’a fait les critiques les plusjudicieuses Sc les plus fines. S’il n’était qu’un parti-culier , je me contenterais d’admirer son discerne-ment : mais puisqu’il est élevé au-dessus des autresautant par son esprit que par son rang , j’ose ici lesupplier d’accorder sa protection aux belles-lettresdont il a tant de connaissance.

J’oubliais de dire que j’ai pris deux vers dansl’Oedipe de Corneille. L’un est au premier acte:

Ce monstre à voix humaine , aigle , femme 8c lion :

L’autre est au dernier acte ; c’est une traduction deSénèque.

Nec vivis mijlus , nec Jepultis :

Et le fort qui l’accable ,

Des morts 8c des vivans semble le séparer.

Je n’ai point fait scrupule de voler ces deux vers ,parce qu'ayant précisément la même chose à dire

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