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Tome premier.
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SUR O E D I P £. 55

II me paraît que la poëíle française y gagneraitbeaucoup, si l'on voulait secouer le joug de cet usagedéraisonnable 8c tyrannique. Donner aux auteurs denouvelles rimes, ce serait leur donner de nouvellespensées ; car l’aísujettiffement à la rime fait quesouvent on ne trouve dans la langue qu’un seul motqui puisse finir un vers : on ne dit presque jamaisce qu on voulait dire ; on ne peut se servir du motpropre ; 8c l’on est obligé de chercher une penséepour la rime, parce qu’on ne peut trouver de rimepour exprimer ce que l’on pense.

C’est à cet esclavage qu’il faut imputer plusieursimpropriétés qu’on est choqué de rencontrer dansnos poètes les plus exacts. Les auteurs sententencore mieux que les lecteurs la dureté de cettecontrainte, 8c ils n’osent s’en affranchir. Pour moi,dont l’exemple ne tire point à conséquence , j’aitâché de regagner un peu de liberté ; 8c si la poésieoccupe encore mon loisir, je préférerai toujours leschoses aux mots, 8c la pensée à la rime.

LETTRE VI.

Qui contient une dissertation sur les Chœurs.

MONSiEUR,ilne me reste plus qu’à parler duchœur que j’introduis dans ma pièce. J’en ai faitun personnage qui paraît à son rang comme lesautres acteurs , 8c qui se montre quelquefois fansparler , seulement pour jeter plus d’intérêt dans lascène, 8c pour ajouter plus de pompe au spectacle.

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